ENSEIGNEMENT SUPERIEUR : MODERNISATION DU CURSUS UNIVERSITAIRE DANS CINQ FILIERES

Le manque d’adéquation entre l’attente du secteur industriel et les compétences des étudiants sortant des universités demeure un obstacle pour l’accès aux emplois à Madagascar. La difficulté dans l’application du système LMD (Licence-Master-Doctorat), le manque de personnel constituent entre autres les principaux problèmes de l’enseignement supérieur à Madagascar. Démarré en 2006,  le projet de coopération et d’innovation pédagogique  dénommé MADEEHI ((Energie-Eau-Habitat-Informatique-Anthropologie), financé par l’Union Européenne à hauteur de 942 000 euros dans le cadre du programme Erasmus + vise à améliorer cette situation. Le lancement officiel du projet s’est tenu, ce jour, à la Bibliothèque universitaire à Ankatso. En effet, le projet a pour but d’appuyer les établissements supérieurs malgaches dans ces différentes disciplines en partenariat avec trois universités européennes à travers la restructuration des formations dans ces filières. Il s’agit de l’Université de Pais Vasco en Espagne, l’Université de Toulouse (France) et l’Université de Liège(Belgique).

Le projet intervient ainsi dans le renforcement des capacités des enseignants chercheurs et des étudiants dans ces filières. Selon le Professeur Manitra RAZAFINIMANANA, coordonnateur du projet depuis l’Université de Toulouse, 120 missions seront effectuées pendant trois années par les enseignants des trois universités européennes de ces filières dans les universités de Madagascar pour transfert de savoir. Des formations s’effectueront également en Europe. Par ailleurs, les étudiants en MASTER auront l’opportunité  de préparer leur thèse de doctorat au niveau des universités partenaires. Toujours selon ses précisions, les Universités d’Antananarivo et de Toamasina, l’Institut Supérieur de la Technologie, sont certes les universités partenaires dans la mise en œuvre du projet mais tous les enseignants chercheurs des établissements universitaires publics de Madagascar concernés par ces filières en bénéficieront.

L’amélioration du niveau de formation va par la suite, contribuer au développement local durable et améliorer la coopération universitaire/ Entreprise à des échelles régionales, nationales et internationales. En effet, le secteur énergétique aura à sa disposition des ressources humaines compétentes, aptes à valoriser les ressources du pays dans ce domaine.

                                                                                                                                      

« La réforme de cursus au niveau Master dans ces filières sera dictée par les besoins locaux et  réclamée par la demande du marché », avance le coordinateur national, Richard Randriatiana, au niveau Master dans ces filières. Les Malgaches auront l’opportunité de se mettre en conformité par rapport au processus de Bologne qui reconnaît les diplômes délivrés dans les universités à l’étranger. Outre la formation des enseignants chercheurs visant à atteindre cet objectif d’employabilité, l’acquisition de nouveaux équipements et matériels dans le cadre de la mise en place d’un village vert figure parmi les activités à entreprendre dans le cadre du projet MADEEHI. « Il s’agit de proposer une conception et mettre en place une plateforme expérimentale différente des Travaux pratiques traditionnels », explique pour sa part, le Professeur Manitra RAZAFINIMANANA en soulignant que ce projet MADEEHI permet de faire face aux problèmes énergétiques du pays.

De son côté, Panja Ramanoelina, Président de l’Université d’Antananarivo, a avancé que la mise en œuvre de ce projet devrait être une vitrine des impacts des recherches scientifiques sur la vie quotidienne. Les autres lots d’activité concerne les études et analyse de l’existant, le développement et la construction d’unités d’enseignement interdisciplinaire, la formation des enseignants chercheurs, l’assurance et le contrôle de la qualité du projet, la diffusion et l’exploitation.

 

Lanto RAZAFINDRAMIADANA